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3 avr. 2011

Saint Issac le Syrien, Discours 21

Dans Discours ascétiques selon la version grecque, traduction du Révérend Père Placide (Deseille), monastère Saint-Antoine-le-Grand et monastère de Solan, 2006.

BIENHEUREUX l'homme qui connaît sa propre faiblesse, car cette connaissance devient pour lui le fondement, la racine et le principe de tout bien. Car lorsqu'un homme a appris [à connaître] et a véritablement sentir sa propre faiblesse, il raffermit son âme contre le relâchement qui enténèbre sa connaissance et il accroît sa vigilance. 
Mais nul ne peut sentir sa propre faiblesse, s'il ne lui a pas été donné, si peu que ce soit, de subir des épreuves qui affligent le corps ou l'âme. Mettant alors en regard sa faiblesse et l'aide de Dieu, il connaîtra aussitôt la grandeur de celle-ci. Quand il considère en effet tous les efforts qu'il a déployés dans l'espoir de rendre confiance à son âme, en étant vigilant, continent, en la protégeant et en l'entourant de soins, sans y parvenir, ou quand il constate que son coeur craint et tremble, privé de toute sérénité, il doit alors comprendre que cette crainte qu'éprouve son coeur signifie et révèle qu'il a absolument besoin de l'aide d'un autre. Son coeur en témoigne intérieurement, par la crainte qui l'a saisi et provoque en lui un combat intérieur, montrant ainsi que quelque chose lui manque. 
L'homme doit dès lors reconnaître qu'il ne peut pas s'établir [par lui-même] dans une confiante sécurité. Il est
écrit que seul le secours de Dieu peut sauver.